Mercredi 24 mai 2006

Cine, expo, resto, la revue hebdo des choses à voir ou à fuir dans la city.


Sur les écrans


Festival de "canneries" sans tapis rouge sur les écrans parisiens.Le meilleur avec Volver, nouvel opus de Pedro qui nous embarque dans une histoire de femmes au bord de la crise de larmes dans un mélo flamboyant au coeur des questions de filiation, des rapports mére/fille et des secrets de famille.Une scénar à se couper les cheveux en quatre pour nous laisser au final dévasté par l'émotion.Si la vie n'est pas toujours du cinéma, le cinéma de Pedro célébre , lui , des histoires de vies qui dorment au chaud dans les tiroirs de la mémoire familiale.Quand Pedro ouvre le tiroir à grands coups de talon aiguille, les larmes, le sang, l'amour jaillissent de part et d'autre.Le tout servi par un casting d'actrices sublimes mené par une plantureuse Penelope Cruz, qui incarne de toute sa chair et de toute son âme, entre Sophia Loren et Anna Magnani, une "mamma" nouvelle génération.Mére, fille, femme-enfant, sainte ou putain, ce film poignant est un vibrant hommage aux femmes ordinaires et à leur capacité de  résistance aux blessures de la vie.C'est le coup de coeur de la semaine et la palme d'or du Blahblahblog doublé du prix d'interprétation pour Penelope qui n'a plus qu'a brûler son passseport US pour rentrer au panthéon des actrices de légende.


Avec le Caiman, Nanni Moretti signe une charge anti-Berlusconi tout à fait citoyenne et brosse en creux le portrait d'une société italienne qui part en couille.Entre farce réjouissante un peu trop hystéro et pamphlet politique un peu trop convenu, Moretti dresse par ailleurs un bilan sans concession (et sans espoir?) des trentes derniéres années d'une Italie d'opérette qui apparait bien pâle sous les fards.On a les dirigeants qu'on mérite semble t'il nous dire.On attend juste avec un impatience qu'un réalisateur français ait le courage de faire la même chose sur  Chirac, le Berlusconi du pauvre.

Si vous n'avez toujours pas lu le livre , profitez en pour ne pas aller voir le film.Le Da Vinci Code est une merde abyssale et aussi épaisse que l'ancien et le nouveau testament réunis.Le secret qui est en fait  ici révélé c'est comment faire un film tiré  d'un livre qui n'en est  déjà pas un avec des acteurs qui n'en sont pas:Jean Reno aussi nul mais plus réac que d'habitude, Audrey Tautou tête à claques et ridicule de bout en bout et Le Louvre dans son propre rôle qui grâce au talent du metteur en scéne apparait ici comme comme une arriére-boutique d'antiquaire de vide-grenier municipal.


Sur les Murs



Cindy Sherman au Musée du Jeu de Paume -Site concorde jusqu'au 3 septembre.La photographe américaine qui a passé sa vie être son seul et unique modéle nous apparait sous ses multiples identités maquilée, déguisée, mise en scéne."Interprétant" tous les passagers d'un bus imaginaire ou reprenant tous les codes du roman photo et du cinéma hollywoodien, Cindy Sherman interroge et combat tous les stéréotypes de l'image et de l'apparence, se penche en clinicienne hallucinée sur la fragilité du "moi" face aux mécanismes de la reconnaissance sociale.Le plus troublant dans cette rétrospective est sans conteste la série de photos réalisées avec des masques qui, paradoxalement, apparaissent comme les représentations les plus humaines de son oeuvre.Un vrai flip en technicolor dans le monde des apparences.


Dans l'assiette


La Sardegna-57 bd des Batignolles-Paris 17.La Sardegna /Johnny Hallyday, même combat, les deux vivent sur une réputation.Considéré depuis des lustres comme un des meilleurs ritals de Paname, on salive d'avance à la lecture d'une carte digne du Larousse des pâtes et des anti pasti.
On commence avec une salade de poulpe aux herbes qui a malheureusement était trop accomodée à la fragilité des palais des bourgeasses du 17éme.On continue confiant avec des fettucini aux truffes dont le seul mérite est de faire apparaitre des traces de couleur dans une assiette d'une neutralité suisse.Mais où se cachent donc les généreuses saveurs ensoleillées de l'Italie dans ce resto?Dans l'accent chantant des serveurs et dans la bouteille parfumée (enfin!) de Valpolicella.Basta! La Sardegna, vous l'avez compris c'est Rome sans Fellini, Venise sans Casanova et Naples sans sa pollution.
par bertrand publié dans : blahblahblog
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