La Provence: la lavande, l'aioli ,le pastis le soleil, l'accent.Tout ce fatras pour touriste allemand du 3éme age en camping car n'occultera en aucun cas une des spécialités locales les plus répandues mais pourtant les plus méconnues: la pachole autrement connue sous l'appelation pagnolo-bigaresque de cagole.
Alors qu'on a réintroduit il y a dix ans des rapaces fauves à l'état sauvage dans les Gorges du Verdon , la cagole n' a pas eu besoin de l'intervention des mouvements écologistes pour assurer le maintien de son espéce en liberté.La cagole ignore la loi impitoyable du gêne récessif et se rencontre à chaque coin de rue du village le plus reculé, au supermarché Casino, à la terrasse des cafés, sur les terrains de pétanque, au marché..Bref dans tous les hights lights culturo-provencaux où être vu reléve de l'art de vivre.
Elle a entre 40 et 500 ans, pése entre 75 et 905 kilos, s'envoie au petit dej des litres entiers de décolorant qui donnent à sa chevelure de subtils reflets rouge feu qui peuvent glisser quand l'overdose Belle Color est atteinte, vers d'incandescentes fluorescences oranges du meilleur effet.
Tel Phillipe Candeloro défiant les lois de l'équilibre, elle arpente les rues pavées et pentues des villages de montagne sur platform boots ou en talons aiguilles ramenant ainsi les théories de la gravitation à de l'obscurantisme scientifique.
Entre tableau abstrait tendance futuriste italien et retape d'une voiture volée par un carrossier marlou, le maquillage de la cagole joue avec un rare sens des nuances sur toute la gamme Pentone et réussit l'exploit, entre aplats d'ombre à paupiére bleue azur et reliefs accidentés de fond de teint, de faire passer du vomi de chat dégueulant une pizza pour un velouté provençal de chez Picard.Enfin , c'est ce qu'elle croit!
Niveau vestimentaire, elle privilégie sans conteste le "prés du corps proche des intestins " surtout quand elle peut exhiber sans complexe, sous un tee-shirt rose fluo trop court mais so fashion, un pneu michelin où pend, entre trois replis graisseux , perdu tel un orphelin de la DASS, un anneau qui s'oxyde sous la transpiration et qui laisse de trés seyantes rondelles vertes sur une peau passée au micro-onde, inconnu des stocks d' electro-menager de Darty.
Pour le bas, c'est au choix : moulant toujours ou ras la touffe for ever.Dans le premier cas de figure, la chatte de la cagole , prise en otage par la dictature d'un pantalon en lycra blanc 2éme peau apparait comme un grain de café géant qui ne demande qu'a être torréfié par Jacques Vabre.Dans le second cas de figure, le ras la touffe confirme en toute simplicité que non contente de se foutre la tête au micro onde, elle y met aussi les jambes.La cagole, vous l'aurez compris a le termosthat frénétique .
On ne saurait pour autant réduire la cagole à ses archétypes vestimentaires .La cagole poursuit une quête spirituelle harassante: ressembler à Loana, son égérie, passée directement des marchés provencaux à la piscine en plastique de Loft Story.
Malgré ses séjours prolongés dans le micro onde , la cagole dispose pourtant encore d'une neurone pas trop cuite qui la force à admettre que, l'âge venant, la pipe sous l'eau n'est peut être plus à sa portée.La cagole ne se laissant pas abattre pour si peu procrée des cagolettes ressemblant à des poupées barbies fabriquées en Tchétchénie qui réaliseront peut être son rêve de gloire et de beauté éternelle.
Et son mari dans tout ça ? ben disons que cette question reléve plûtôt de la manipulation génétique et qu'il suffit pour avoir un bout de réponse d'imaginer un croisement audacieux entre Dick Rivers et Florent Pagny.
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