Something like happiness.Titre décalé si il en est pour ce film qui s'intéresse à la vie d'une bande de pré-trentenaires paumés dans une ville tchéque industrielle et trash.Le piége du misérabilisme est évité avec brio.Les personnages cherchent tous à sortir de cette vie aussi collante et indigeste qu'un bortsch trop cuit en s'inventant des scénarios du possible: aimer ? partir ? aimer et partir? bref espérer ! Ce film pose aussi la question de l'identité : peut on rester soi-même en quittant son pays , sa famille?. Le combat mené contre cette fatalité justifie d'un seul coup le titre qui semblait ironique au départ.Coup de coeur de la semaine!
April Snow.Un homme et une femme en pleine éclosion amoureuse alors que leurs conjoints respectifs et par ailleurs amants, sont plongés dans le coma, suite à un accident de voiture.De cette situation borderline, le cineaste coréen Jin-ho tire un film tout en finesse et sensibilité qui se penche sur la naisssance du désir , le cheminement vers l'autre, entre regards fuyants et attouchements maladroits.Le film a la douceur d'un printemps tardif et cette neige en avril célébre ni plus ni moins l'inexplicable miracle amoureux .
Sophie Scholl.Ou comment une "bonne histoire" ne fait pas forcément un bon film mais peut être un bon téléfilm.L'histoire vraie de Sophie et Hans Scholl, arrétés puis éxecutés par la gestapo pour avoir distribué destracts pacifistes à l'université.Tout est filmé sans invention,on suit chrono- logiquement et mécaniquement un déroulé aussi prévisible qu'une feuille d'impôt.On reste emporté malgé tout par l'interprétation de Julia Jentsch qui par sa flamme intérieure et son admirable détermination donne au film le souffle qui lui manque.
Sur les murs
L'esprit du Nord à la Maison Européenne de la Photographie jusqu'au 11 juin.La création photographique néerlandaise en trois expos.Premiére étape avec le cinéaste et photographe Johann van der Keuken dont sont exposés les premiéres images réalisées à l'âge de 17 ans.Il a donné avec cette série de portraits d'ados de son lycée un visage à une génération restée jusqu'alors anonyme.Ses photos de Paris en 59 rendent compte de la réalité d'une ville qui oscille entre insouciance et violence , avec la guerre d'Algérie qui fait rage.De cette photo documentaire, on passe en courant sur les experiences photographiques de Magritte qui ne satisfairont que les groupies du peintre surréaliste pour s'attarder sur la derniére et passionnante derniére partie de l'expo qui réunit la nouvelle génération.Portraits géants d'adolescents comme un clin d'oeil 50 ans aprés à ceux de Van der Keuken, paysages urbains recomposés, mises en scénes du réel, la jeune photo néerlandaise est traversée par des partis pris artistiques appuyés où cohabitent miraculeusement le fonds et la forme, le réel et l'imaginaire.
Dans l'assiette
Habemuspapam (en un seul mot), rue Monsigny, Paris 2e.Ce nouveau resto branché / fusion coincé entre Bourse et Opéra n'a bien de catholique que le nom.Ouvert depuis quelques mois seulement, Habemuspapam a pris la place d'une des institutions du quartier, ce resto chinois pris d'assaut tous les midis par les traders pressés de feu le Crédit Lyonnais.D'ailleurs, une des salles a conservé la déco d'origine.A part ça, une grande salle haute sous plafond, un tantinet bruyante, couverte d'un parquet en chêne chaud, les tables en bois, sobres, sans nappes, bien espacées les unes des autres.Accueil sympa, voire comique, un peu déboussolant au début puis très vite on est à l'aise.Côté gastonomique, rien de prétentieux mais de l'efficace, des produits frais, simples, de qualité, des recettes connues: des tomates mozzarella tout droit sorties d'un jardin toscan, une entrecôte fondante à souhait, une petite bouteille de Bourgogne et un café, l'addition ne dépasse pas 25 euros par personne.A recommander plûtôt pour un déjeuner, sachant qu'au dîner le quartier peut être un peu triste.Flavien
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