Mercredi 3 mai 2006 3 03 /05 /Mai /2006 00:00

La sélection gastro/culturo/hebdo du Blah Blah Blog.


Sur les écrans



Transamerica-Tout est dans le titre, un road movie à travers les US en compagnie d'un trans et de son fils.Le transsexuel, c'est Felicity Huffman, une des"Desesperate House Wife" dans une performance Actor's Studio hallucinante qui vaut à elle seule le déplacement.Le fils qui ignore le changement de sexe de son pére (oui, oui , son pére est bien joué par une femme qui joue elle même le  rôle d'un "male to female"), c'est Kevin Zegers une petite bombasse à la méche et à l'allure rebelle.On les suit sur les routes américaines tout occupés à rassembler les piéces d'un passé décomposé et surtout à construire leur histoire à venir.Le film est un éloge radical à la famille recomposé , au propre comme au figuré et au détriment de la famille us tradi qui apparait comme un ramassis de névrosés catholiques castrateurs péroxydés .Un hymne à la différence drôle , émouvant et aérien .Coup de coeur de la semaine.

Arrêtez vous aussi dans la vie de Pablo, le héros d'Un Ano Sin Amor, un jeune argentin séropositif, adepte du SM qui lutte contre le virus, la vie sans amour et le déterminisme social avec une sérénité et une légéreté qui force l'admiration.A la différence de Natalie Portman , qui semble totalement égarée dans V pour Vendetta, blockbuster baroque tout à fait digne d'intérêt, adapté de la BD du même nom.


Sur les Planches



Piéze de la Cie Fattoumi-Lamoureux au Théâtre de la Bastille.Les 2 chorégraphes s'intéressent ici à l'homosensualité des orientaux.Cette troublante culture du toucher dans les rapports amicaux masculins est diaboliquement illustré par un duo d'interprétes d'exception qui, 50 minutes durant, sont au corps à corps, au collé/serré voire au copier/coller.Le dispositif vidéo n'ajoute rien à cette gestuelle du lien et du désir qui ne dit pas son nom.Les 2 corps ne font plus qu'un, ils ne se quittent que pour mieux se retrouver.A programmer d'urgence  en Iran , en Arabie Saoudite et dans la casa d'Oussama.

Sur les Murs


Almodovar Exhibition au Musée du Cinéma jusqu'au 31 juillet.C'est la fête à Pedro à la Cinémathéque avec une mise en scéne ludique et colorée, à l'image de la filmographie du génial madriléne.Extraits de films, scénes cultes,interview thématique (son enfance, ses débuts..), costumes de JPG, objets personnels, collages de Diz Berlin, son artiste fétiche .Le parcours, imaginé par Pedro "himself " nous rejoue le labyrinthe des passsions version expo avec un bric à brac d'images et de sons où l'on retrouve avec un plaisir goulu les actrices de Pedro, les acteurs de Pedro, le Madrid de Pedro et qui ne donne in fine qu'une envie : revoir tous les films de Pedro!


Dans l'assiette




La Table de Claire-30 rue Emile Lepeu-Paris 11éme.La com méne à tout à condition d'en sortir, la preuve par deux avec Serge et Claire qui viennent d'ouvrir il y a tout juste 6 mois ce bistrot à la cuisine claire comme de l'eau de roche.En entrée, le crumble d'épinard à la fourbe de chévre est une rencontre iconoclaste et rupestre entre matiére et saveur tout comme le topinanbourg poélé dont la réputation populo et falatulente est nobélisée par le succulent foie gras fait maison.En plat, le foie gras-toujours aussi top car cuit dans sa graisse sous film plastique-s'accompagne de pommes grenailles et de grelots caramélisés; le risotto efficace et sans frime est remixé olives noires.De la cuisine traditionnelle qui n'a pas peur de  dire son nom sans pour autant renoncer à une touche de créativité.Confirmation au dessert avec le carré noir au chocolat qui flirte avec le goût du carambar et avec le blanc manger impec au coulis de fruits rouges.Le tout pour 40 euros  par tête de pipe avec une top bouteille de Chinon.C'est déjà quasiment plein! La beautiful MFG habite en face!La bouffe est bonne! Le patron a le sourire! 4 bonnes raisons d'y aller sans attendre.
Par bertrand - Publié dans : blahblahblog
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Vendredi 28 avril 2006 5 28 /04 /Avr /2006 00:00
Est ce plus difficile de reussir une bonne pipe qu'une omelette norvégienne? Pour le soufflé glacé, on peut toujours se rabattre sur les bouquins de cuisine de la grosse Maité mais pour la pipe, aucun "que sais je?" sur le sujet dans les rayons de la FNAC, c'est le vide pédagogique!

Certains me diront que certains classiques de la littérature culinaire comme "L'art d'accomoder les restes" peuvent se révéler tout a fait adapté à l'art de la fellation.Tout ici est effectivement histoire de mise en bouche.

Une pipe digne de son nom , ce n'est pas multi-options, c'est sans les dents mais avec la langue , du bords des lévres au fond de la gorge.

Mais comment se transmet l'art de la pipe.Nature? Culture? Inné? Acquis? Les têteurs(euses) frénetiques de biberon sont ils les futurs laboureurs de prépuce? Les fanatiques du sucage de pouce sont ils irrémédiablement condamnés à un avenir de plante carnivore? Les accros du Chupa Chup manifestent ils tous systématiquement les signes cliniques du parfait toiletteur de gland ?
Les mangeurs (euses) de banane sont ils l'assurance vie indispensable pour monter au cocotier?

Comment se transmet ,de mére en fils, ce savoir millénaire de la fellation ?  Le mystére reste entier.La pipe a ses raisons que la raison n'a pas.La pipe est le Lourdes du sexe.Croyons simplement au miracle de l'apparition de la verge tendue de tous ses flux par un pélerin à la langue bien pendue.

L'art de la pipe devrait pourtant bénéficier d'un enseignement à la hauteur des services rendus à la nation.D'un usage aisé et démocratique, d'une technique simplifiée, elle peut se pratiquer sous des porches d'immeuble, dans des ascenceurs , dans des toilettes de TGV , derriére le rayon primeur du Franprix , dans le parking de Leroy Merlin ou encore dans une loge de l'opéra pendant le contre-ut de la Norma.

Loin d'être comme il pourrait le paraitre à premiére vue le Mac Do du sexe, la pipe en est un de ses fleurons gastronomiques. Pratiquée avec science et persévérance , la pipe est un feu d'artifice buccal et séminal qui peut valoir aux bouches les plus expertes son étoile au Michelin.

Devant ces enjeux de bien être humanitaire qui dépassent à la fois la tectonique des plaques et la géo-stratégie, le consommateur doit exiger un label qualité.La pipe d'Appellation d'Origine Contrôlée (AOC)-sans les dents avec la langue-doit faire loi et devrait figurer sur tout papier d'identité.A quand la Pipe Academy?
Par bertrand - Publié dans : blahblahblog
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Samedi 22 avril 2006 6 22 /04 /Avr /2006 10:23
Comme d'hab ciné, expo, resto..La vie quoi !

Sur les écrans


Something like happiness.Titre décalé si il en est pour ce film qui s'intéresse à la vie d'une bande de pré-trentenaires paumés dans une ville tchéque industrielle et trash.Le piége du misérabilisme est évité avec brio.Les personnages cherchent tous à  sortir de cette vie aussi collante et indigeste qu'un bortsch trop  cuit en s'inventant des scénarios du possible: aimer ? partir ? aimer et partir? bref espérer ! Ce film pose aussi la question de l'identité : peut on rester soi-même en quittant son pays , sa famille?. Le combat mené contre cette fatalité justifie d'un seul coup le titre qui semblait ironique au départ.Coup de coeur de la semaine!


April Snow.Un homme et une femme en pleine éclosion amoureuse alors que leurs conjoints respectifs et par ailleurs amants, sont plongés dans le coma, suite à un accident de voiture.De cette situation borderline, le cineaste coréen Jin-ho tire un film tout en finesse et sensibilité qui se penche sur la naisssance du désir , le cheminement vers l'autre, entre regards fuyants et attouchements maladroits.Le film a la douceur d'un printemps tardif et cette neige en avril célébre ni plus ni moins l'inexplicable miracle amoureux .

Sophie Scholl.Ou comment une "bonne histoire"  ne fait pas forcément un  bon film mais peut être un bon téléfilm.L'histoire vraie de Sophie et Hans Scholl, arrétés puis éxecutés par la gestapo pour avoir distribué destracts pacifistes à l'université.Tout est filmé sans invention,on suit chrono- logiquement et mécaniquement un déroulé aussi prévisible qu'une feuille d'impôt.On reste emporté malgé tout par l'interprétation de Julia Jentsch qui par sa flamme intérieure et son admirable détermination  donne au film le souffle qui lui manque.



Sur les murs


L'esprit du Nord à la Maison Européenne de la Photographie jusqu'au 11 juin.La création photographique néerlandaise en trois expos.Premiére étape avec le cinéaste et photographe Johann van der Keuken dont sont exposés les premiéres images réalisées à l'âge de 17 ans.Il a donné avec cette série de portraits d'ados de son lycée un  visage à une génération restée jusqu'alors anonyme.Ses photos de Paris en 59 rendent compte de la réalité d'une ville qui oscille entre insouciance et violence , avec la guerre d'Algérie qui fait rage.De cette photo documentaire, on passe en courant sur les experiences photographiques de Magritte qui ne satisfairont que les groupies du peintre surréaliste pour s'attarder sur la derniére et passionnante derniére partie de l'expo qui réunit la nouvelle génération.Portraits géants d'adolescents comme un clin d'oeil 50 ans aprés à ceux de Van der Keuken, paysages urbains recomposés, mises en scénes du réel, la jeune photo néerlandaise est traversée par des partis pris artistiques appuyés où cohabitent miraculeusement le fonds et la forme, le réel et l'imaginaire.

Dans l'assiette

Habemuspapam (en un seul mot), rue Monsigny, Paris 2e.Ce nouveau resto branché / fusion coincé entre Bourse et Opéra n'a bien de catholique que le nom.Ouvert depuis quelques mois seulement, Habemuspapam a pris la place d'une des institutions du quartier, ce resto chinois pris d'assaut tous les midis par les traders pressés de feu le Crédit Lyonnais.D'ailleurs, une des salles a conservé la déco d'origine.A part ça, une grande salle haute sous plafond, un tantinet bruyante, couverte d'un parquet en chêne chaud, les tables en bois, sobres, sans nappes, bien espacées les unes des autres.Accueil sympa, voire comique, un peu déboussolant au début puis très vite on est à l'aise.Côté gastonomique, rien de prétentieux mais de l'efficace, des produits frais, simples, de qualité, des recettes connues: des tomates mozzarella tout droit sorties d'un jardin toscan, une entrecôte fondante à souhait, une petite bouteille de Bourgogne et un café, l'addition ne dépasse pas 25 euros par personne.A recommander plûtôt pour un déjeuner, sachant qu'au dîner le quartier peut être un peu triste.Flavien



Par bertrand - Publié dans : blahblahblog
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Mercredi 19 avril 2006 3 19 /04 /Avr /2006 09:00
Pendant  que d'un côté le Vésuve menace toujours de cracher sa lave et que l'autre la terre est agitée de tremblements parkinsoniens, Naples s'en tape et se gave de pizza aux 7 fromages  grandes comme des roues de vélo ou de cornetto dégoulinant de créme.


Les poubelles dégueulent d'ordures.


Les églises-elles-dégueulent sous le marbre et le stuc baroque.


Le chomdu ici c'est plûtôt en CDI, l'obésité infantile aussi.


Les rues vomissent un flot ininterrompu de voitures speedées  remixant  klaxon  et "vafo enculo "et des scooters- kamikazes chevauchés par des petits culs mille fois bénits par la nature.


Les bus stockent  jusqu'a la gueule vieilles mamas bavardes et apprétées, ritals flambeurs et ados fashionistas.



Les gamins lâchent pas du pied leur ballon.Le foot, c'est une question de vie ou de mort , on y joue en plein milieu d'un carrefour ou en prenant comme cage de but la tôle des voitures "qui avaient pas qu'a se garer là".



Les  marchés au petit matin tiennent de la pêche miraculeuse , de la manipulation  génétique avec des étals de citrons  gonflées comme les couilles de Rocco et de l'ivresse des cimes avec ces montagnes de jambons à rendre carnivore le moindre top model anorexique.


La contrefacon envahit les trottoirs sous l'oeil torve de flics débonnaires qui préférent jouer au loto ou vaguement surveiller un membre de la camorra.


Les marlous tiennent à leur botte les quartiers populaires , les flics , la dope et une partie de tout ce qui s'achéte et se vend à Napoli .On ne les voit pas -mieux- on les sent et -parfois - on les arrête.


Naples regorge de trésors sous ses facades défoncées.Des cours  de couvent miraculeusement silencieuses,  des églises décorées par les derniéres toiles du Caravage ou de christ recouvert d'un voile de marbre , des palais baroques utilisés tout simplement  comme fil à sécher le linge.L'art ici sert enfin à quelque chose.A se reposer les oreilles et à avoir un slip propre.


Ici , on dresse, en pleine rue des autels , débordant de fleurs  , dédiés indifféremment  à la vierge ou à Maradonna.Le paien partouze avec le religieux.Ici, on croit en tout ,en ce qu'on voit ,en ce qu'on voit pas , on a bien raison, on paiera pas plus cher de toute façon.

La moindre ruelle sombre  du Scannapoli est bien plus lumineuse que cette putain de baie qui a pourtant la  perfection de la chute de reins de Sophia Loren.


Une ville où on invente des tee-shirts reproduisant la ceinture de sécurité, ceci afin de ne pas la mettre et niquer du même coup la police a définitivement le sens du génie.


S'envoyer un max de pizzas au 7 fromages et de cornetto dégoulinant de créme , c'est déjà ça de pris avant la prochaine éruption de lave tiédasse du Vésuve.

Par bertrand - Publié dans : blahblahblog
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Mercredi 12 avril 2006 3 12 /04 /Avr /2006 00:00
Le blah blah blog est parti se la jouer "dolce vita" pour quelques jours.

Rendez vous la semaine prochaine sur le pavé parisien!
Par bertrand - Publié dans : blahblahblog
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