Dimanche 5 mars 2006
Au menu , cette semaine , ciné, expo ,bistrot parigot et girls electro bar..Paris sera toujours Paris!


Sur les Ecrans


Itineraires- Celui d'un "fugititif"  pour qui l'ascenceur social n'a jamais dépassé le troisieme sous-sol. Cette cavale d'un innocent jugé coupable,  sur fond de  réalisme social un peu trop appuyé révéle surtout Yann Tregouet , un comédien sous tension ,  tout en retenue intérieure: il se terre, se cache , se tait , fuit les flics , son pere alcoolo , sa mere passive, une vie merdeuse ou l'horizon s'arrete à la prochaine rue , à gauche de ce village du Nord de la France....Il se retient ...de tout peter , de d'exploser , d'aimer  ...Se lâcher enfin ,tuer le passé, se bricoler un présent  : son itineraire devient le nôtre.Un premier film attachant  au coeur battant!

A Perfect Day .Ici aussi ,il s'agit de chasser les fantômes du passé pur s'inventer un avenir.Mais quand on vit a Beyrouth , on vit  en plus avec les stigmates encore bien vivants de la guerre .Un pére porté disparu , une mére depress,une girl friend qui l'abandonne, Zyad Saad balade sa belle gueule et son mal être dans un Beyrouth en reconstruction,comme lui.Ballade antononionienne envoûtante en 24h  chrono dans une ville  et un être en devenir.

Réussir ou mourir
.Fuck!!!!!!!shit!!!!bitch!!!motherfucker!!!bang with my fuckin'gun in your  fuckin face!!! yeah,man, i'm a gangsta boy, man!!!! fuck you bitch!!!!.La rédemption par le rap , ça peut donner aussi un fuckin film sur la vie du gangsta man millionnaire du rap US, 50 cent! Maintenant que les 50 cent se sont transformés en gros billet vert , le rappeur vend le scénar de sa fuckin life à
Hollywood.Ca donne un film calibré comme un rap diffusé sur Sky rock.Matez plutot The Shield pour respirer l'air vicié du bitume de LA.

Frankie.Etre Top Model ne condamne pas forcement à passer le restant de sa vie a n'être qu'un porte manteaux décrébré. C'est en tout cas ce que révélé ce portrait de Frankie, mannequin dépressif qui voit pas l'horizon au dela de sa ligne de coke.Un sérieux coup de griffe à la fashionista way of life incarné par une Diane Kruger  habitée de bout en bout , malgré un scénar approximatif et répétitif qui ne gache pas notre plaisir de voir les pages de Vogue passées au vitriol.

Et un pt'it conseil d'ami pour finir , plûtôt que d'aller voir Geisha, film americain-cliché tiré d'un bouquin US tout aussi cliché  ,economisez pour vous payez un billet d'avion pour Kyoto pour aller jeter un oeil  sous le kimono des 200 derniéres vraies geishas en activité.

Sur les murs


Bonnard au Musée d'art moderne de la ville de Paris jusqu'au 7 février.Longtemps considéré comme un peintre secondaire et décortatif , cette expo révéle en fait  un expérimentateur de la peinture qu s'etait donné la mission "rendre vivante la peinture plutot que de peindre simplement la vie".Ces tableaux d'un abord faussement figuratif ne sont que géométrie  de ligne , de plans ,de séquences,de convergence.Les scénes du quotidien (le bain , le repas , les intérieurs) sont autant de photographies de l'instant transformées par la pallette soyeuse de Bonnard en moments intemporels et suspendus.Les paysages du midi  peints à la fin de sa vie sont un réjouissant feu d'artifice  de couleurs:le jaune insolent des mimosas est une pure experience visuelle .Allez vous en mettre plein les yeux .Bonnard , c'est vraiment bonard!

A table

Le Barathym -3 rue Jouy Rouve-Paris 20éme-Un bistrot parigot pour le populo.Ca donne une cuisine de menage sans chichi et sans frime avec de bons produits du marché : En entrée , escabéche de cailles aux bonnes senteurs de sous bois .On poursuit avec un cabillaud à la chair ferme et à la peau croquante .On se termine avec un fondant chocolat qui cache sous sa croute croustillante un flot  moelleux de cacao. Cuisine sans baratin donc , contrairement à la clientéle volubile et fort en gueule qui a force de bien teter bien au  goulot nous ensable  les portugaises et le cerveau bien  comme il faut.Une addition  honnête  à 34 Euros tout rond , ca donne envie de continuer la soirée (thanks Kate and Cé).

Allez vous en jeter un petit dernier au O'Kubi , un nouveau bar de filles  décomplexé et déghettoisé (boys very welcome) , rue Saint Maur. Un dj aux platines pour un bon son électro qui bastonne, une clientéle smily et mélangée, une patronne trop gentille pour être parisienne.Descendez les marches , squattez la salle du bas ou il n'y a encore personne , vous avez votre private dance floor pour un soirée qui partira en vrille dés que vous allez commencer a faire du toboggan sur la rembarde de l'escalier , utiliser le rideau rouge qui pend au mur pour  faire de la tauromachie ou vous lancer dans un début de strip tease.Tous en choeur avec moi , Vero , Anne , Kate et Céline pour reprendre  le tube de la soirée : les boulets , c'est  koi???? allez plus fort ...les boulets , c'est hot, hot, hot ! Encore plus fort...
par bertrand publié dans : blahblahblog
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Mercredi 1 mars 2006


Devenir Président de la République ! Aucun être  équilibré au monde ne peut avoir envie un jour de faire ce job  où on passe le plus clair de son temps dans les avions ,en jet lag permanent , à aller  à des enterrements de gens qu'on ne connait même pas , à se faire plomber systématqiuement son week end  du 14 juillet , à assurer un soir sur deux dans des diners officiels alors qu'on a qu'une envie, c'est de trainer en jogging crade devant "Le maillon faible" en se grattant les boules, à se prendre en pleine tronche des sondages aussi bas que la taille des tongues de Mimi Mathy.Et tout ca , pour un salaire de misére qui ne couvre même pas sur un an le dixiéme des droits d'auteur de MYYYYllééééééne, la  vilaine fermiére  !


On ne nait pas caissiére à  Franprix , on le devient. Idem pour le job présidentiel .Mais alors qu'est ce qui les pousse à briguer ce qu'ils considérent être la fonction suprême? L' ivresse du pouvoir au point d'en attraper une sirrhose ? Un sens civique  plus dévellopé que le kiki de Rocco Siffredi ? La vision  d'un destin à dimension historique considéré comme  supérieur à la carriére internationale d'une Nana Mouskouri ? Un peu de tout ça , évidemment mais un peu trop facile, non ?


Penchons nous donc sur les petits détails  apparamment anodins de leur profil physique ou psychologique qui se révélent être , en fait , un des moteurs essentiels de leur ambition.


Débusquons  dans leur  diahrrée verbale le virus responsable de cette gastro-entérite  politique carabinée.L'exercice du pouvoir semble être  le seul antibio qu'ils ont  trouvé pour soigner leur détresse existentielle.


Revue de détail de ces petits riens qui font rêver  à leur grand jour les 3 plus dangereux candidats à l'élection présidentielle.


Si le petit Nicolas n'avait pas été nain , il  n'aurait jamais de politique et ne serait pas meneuse de revue à l'UMP.Ce complexe d'infériorite aurait pu facilement être calmé en lui si sa mére lui  avait collé des talonnettes dés son plus jeune âge, des plates-formes boots à l'adolescence et des talons aiguilles par la suite .Quelques centimétres en moins  font qu'on va peut être se le taper 5 ans de trop ! Inscrivons le d'office aux concours de lancers de nain  organisé par le Parc Asterix ou trouvons lui un rôle  même secondaire dans  "Blanche fesse et les 7 mains".La reconnaissance par ses paires lui évitera de commettre des impairs et de nous passer au karcher.


Facile  de caricaturer la vie sexuelle de Ségoléne, la Christine Boutin de gauche ! 20 ans  de vie commune   pépére  avec un bon gros nounours rencontré à l'ENA qui lui a fait 5 enfants n'est pas forcément le moyen le plus adapté pour connaitre l'orgasme à répétition .Réac donc chaudasse insatisfaite, Ségoléne vit son élection comme la partouze tant attendue de sa vie.Son grand soir au plumard avec le peuple français!Cotisons nous et offrons un gode  à Ségoléne pour qu'elle reste à la maison et ne se présente pas aux élections .


Vrai facho mais fausse blonde , tel est le drame de Jean Marie. Cette fascination pour le gêne aryen aurait pu être assouvi -donc calmé - à coup de Belle Color Reflets number five ou de bain cappillaire prolongé dans l'eau oxygénée.Si Jean Marie avait pu mettre la main sur les perruques platine de maman plutôt que sur la panoplie de Zorro de papa  , il serait  en train de couler , entre mains au cul et plat  du jour, une vie heureuse, de serveuse dans un relais routier en province ou de cantiniere  dans un quelconque mess des officiers. Jean Marie a encore quelques cheveux , il est encore temps de lui dégoter  un CPE  de coloriste dans un salon  Franck Provost  . Sois blonde et tais toi !


Ils disent vouloir sauver la France  , ils veulent surtout sauver leur peau .


Le pouvoir comme  substitut de repas  quoi de mieux quand on a pas  eu  les vitamines  nécessaires pour grandir et  devenir tout simplement un homme!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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Dimanche 26 février 2006


Emmerdez Sarkozy ! Sortez ! Allez voir tous les films et les piéces  où ne jouent pas tous ses minables potes qui font rimer artistes et populistes : Pierre Palmade , Christian Clavier , Laurent Gerra, Jean Reno.Et pour fêter votre forfaiture , payez vous un bon resto pendant qu'il en est encore temps!

Sur les écrans

Le nouveau monde.5éme film en 18 ans pour Terrence Mallick , le faiseur de chefs d'oeuvre (Les moissons du ciel , Badlands , la Ligne rouge).On reste dans la haute couture avec ce film aux images léchées et chorégraphiées  qui subliment la beauté d'un monde qui va disparaitre sous nos yeux, avec l'arrivée sur une terre déserte, de colons  anglais , fondateurs de l'Amérique.Ce film se voit comme une exposition .Le chromatisme des couleurs  engloutit le sujet  comme le nouveau monde va engloutir l'ancien .Terence Mallick est un peintre de la grande histoire , quand il s'intéresse à la petite , on sombre dans le mélo académique .Vive la peinture au cinéma!


L'ivresse du pouvoir. Le new Chabrol  s'immisce dans les palais de justice , les milieux politiques véreux,le businness sale pour faire revivre sans le dire ( gare au procés!) l'affaire Elf   et  la pourriture d'un systéme, le nôtre. Le cynisme est ici érigé en mode de vie : c'est une mécanique de bassesses , de lâchetés , de  tromperies , de connivences magnifiquement mises à nues, à vif . L'ivresse du pouvoir est des deux côtés chez les accusés et les accusateurs , dans la vie privée et publique.L'humour mordant d' une Isabelle Huppert  imperiale , en serial killeuse de businessman ripoux, glisse peu à peu vers un renoncement froid .Une vision plus que  noire d'une humanité engluée  dans  sa nappe de pétrole.Filez vite faire le  plein!


The saddest song in the world.Un ovni cinématographique signé Guy Madlin.Une esthétique  rétro glam sous acide pour un film surréaliste dans tous  les sens du terme.A Winnipeg , les nations du monde entier s'affrontent dans un concours  censé élire la chanson la plus triste du monde.Des dialogues d'emblée culte ("Vous êtes americaine? ", "non , je suis nymphoname!"), des  images déjantées sur fond de complexe d'oedipe mal résolu  avec , en prime , Isabellina Rossellini en meneuse de revue amputée de ses deux jambes.Ne cherchez ni la queue , ni la tête , c'est le principe du cadavre exquis appliqué au cinéma.Poétique , imaginatif , fêlé , un scud dans la gueule des "Bronzés" et le coup de coeur de la semaine!


Sur scéne


Eva Peron  au Théâtre de la Bastille. Copi , le plus célébre des argentins de Paris  , avait disparu depuis dix ans des scénes de théâtre. Mais même mort , les vrais dandys bandent encore. .Interprété en vo  sous titré, Eva Peron  ressuscite toute la baroque décadence  barrée  de Copi.Ici , on se joue la comédie du pouvoir , on interroge ses représentations , les personnages sont des poupées russes à fonds multiple  qui  font le grand écart permanent entre réel et imaginaire.Les insultes pleuvent , les codes relationnels explosent , l'excés fait loi ,la démesure est ici la juste mesure.La vie ici pue la mort et la folie et on le dit haut et fort .Copi est  vulgaire avec un  chic fou alors qu'il y a tant de gens si chics  qu'ils en deviennent vulgaires.Iro de puta ,allez de ce pas vous faire insulter  par Copi!

 

A table

Ploum -20 rue Allibert -75010 Paris- 01 42 00 11 90.La premiére fois que je suis allé chez Ploum , le vinaigre blanc avait remplacait le saké dans la bouteille.La néo -cuisine asiat' fusion s'encanaillait elle désormais avec  le trash punk drink? En y retournant une seconde fois , on constate , soulagé, que la réponse est non .Un menu impec le midi , à 18 euros  , sur fond d'air d'opéras : Soupe miso , onctueuse et parfumée suivi d'un poisson au lait de coco cuit dans une feuille de bananier et pour finir ,ce qu'on a a envie de considérer comme une nouvelle drogue possible  , des petits gateaux  crémeux thé vert / noix de coco , un vrai plaisir gustato-régressif. Le soir , zappez les décevants sushis,optez pour les plats du jour , comptez dans les 40 /45 euros , le prix  à payer pour voir le festival de neo bobos people (Sinclair , une ex- miss France...) qui ont fait , de ce resto,  leur cantine.

 

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Jeudi 23 février 2006

Quel bonheur de voir le journal "Le Monde" renouer enfin cette semaine avec les grands sujets de fonds qui ont fait sa réputation .Le quotidien  ose enfin aborder un sujet trop longtemps ignoré: le slip!


Quand les dessous prennent le dessus sur l'actualité nationale et internationale , on apprend  alors sur une demie -page, que l'homme  achéte 5 slips par an, en  blanc , en noir  ou gris  . Soit!

Loin de toute anectode consumériste  , cet article  permettra  ,peut être,  de donner, enfin , au slip la place centrale  qu'il doit occuper dans  l'étude et la compréhension de l'homme moderne.

Plus parlant que le "moi" , le "ça" et le "surmoi" , d'une lecture plus facile que toute cette armada freudienne  , le slip vous révéle, en un clin d'oeil ,  tout sur celui qui le porte .Ne perdons donc plus nos soirées à faire connaissance en  vaines discussions  et  pesants tête à tête.

Gagnons du temps , baissons directement les pantalons et tentons  une psychanalyse par le slip .


Quand on n'est pas call girl au lido , le slip est généralement porté dessous.Le slip sert  donc au mâle à  cacher ce qu'il ne veut pas montrer.L'homme se trompe , le slip suivant sa forme, sa matiére , sa couleur révéle au contraire et  magistralement  qui il est et  ce qu'il veut cacher.


Evacuons tout de suite le sujet du slip à motif avec  fleurs, fruits ou , pire encore , kangourous sauteurs  qui dénote d'emblée   confusion mentale régression infantile   et complexe d'oedipe mal résolu  .Passons direct  au début des  années 80 pour s'intéresser à  la dictature exercée par le slip en lycra .

En choississant  cette moulante et  révélatrice  matiére , l'homme affichait ainsi  son appartenance au clan des "winners ", des "self made  man succesfull" et autre" Bernard Tapisseries".Cette insolente assurance du slip en lycra , à l'effet "poutre apparente" garanti ne cachait en fait qu'un macho , un peu trop sûr de lui , qui allait vite être balayé par la crise économique et surtout .....par l'arrivée du string.

Réservée jusqu'alors aux femmes et aux membres de Village People , le string va faire des ravages dans les années 90.L'homme moderne et citadin devient alors  ce que les sociologues appellent un métrosexuel , il n'a plus honte de  prendre soin de lui , il assume sa part de féminité ,il  fait la cuisine , prend un congé parental et du coup se lance à corps perdu dans le port frénétique du string .On ne lui  en demandait pas tant !

Ce glissement dans les codes vestimentaires  fout un bordel sans  nom dans les armoires Ikea (le string de Monsieur est mélangé au Marcel de madame ) et dans les bars du marais ( Peut on encore draguer un homme en string sans risquer de se prendre un pain ?)

 

Le revival du calecon va tenter de mettre un peu d'ordre tout ça.Sa coupe  trop flottante   est à l'image de l'homme hésitant des années 2000. Bermuda ou  baggy , du bourgeois " carré vichy " au lascar qui l'exhibe au dessus du  jean  ,  l'homme nage dans ses calecons et regrette de ne plus pouvoir s'accrocher à la ficelle de son string qui avait au moins le merite de le titiller  là ou elle passait.

Qu'en est il today ? C'est le big bang du slip !

 

"Le Monde" semble rassurant en affirmant  que l'homme est revenu à ses fondamentaux en choississant du bon slip en coton "Nature et Découvertes " , en noir ou blanc. Il  suffit de jetter un oeil  sur le rayon slips d'H et M pour constater que l'humanité court à sa perte.

 

Des slips à motifs  greco-romains (ayant appartenu à Demis Roussos?) , des slips à rayure rose et verte ( celui de Casimir ? ), des slips en dentelle transparente avec surpiqûre violette ( celui que Regine a oublié dans la Ferme?), du slip à damier ( ça fait aussi grille de loto ? ), du slip-gaine (à Raymond Barre?) , du slip -djellaba(à????). Bref , le slip n'est pas à la fête et nous non plus!

 

Devant ce cataclysme , une seule alternative : libérons  les boules du slip et  du mauvais goût ambiant , retrouvons notre naturel  , ne portons rien en dessous.

 

En toute logique , militons  tout de go pour que les candidats à la présidentielle baissent d'emblée leur pantalon.Nous saurons tout de suite qui ils sont .

 

Partons du principe  que celui qui n'aura rien en dessous , n'aura rien à nous cacher .C'est donc pour lui qu'il faudra voter!

 

En suivant cette stratégie, la vision de Sarko en  string panthére est donc , à ce jour , pour la gauche , la seule chance de gagner les élections.

 

 

 .



 

 
par bertrand publié dans : blahblahblog
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Mardi 21 février 2006
Il pleut! Allez vous abriter dans les cinés , les musées ou les salles de spectacle.Voici l'actu hot des sorties de la semaine.A voir ou à fuir!

SUR LES PLANCHES

Alain Platel/Vsprs au Théâtre de la Ville jusqu'au 26 février.L'insolent chorégraphe flamand s'attaque à un  monument d'art sacré "Les Vêpres de la Vierge" de Monteverdi .Salutaire blasphéme en ces temps  d'obscurantisme  d'autant que Platel a le talent de piétiner le dogme artistique avec la finesse d'un batisseur de cathédrale .Ne serait ce qu'avec  la partition originale remixée jazzy manouche et   portée avec foi et voix par une cantatrice , Platel invente d'emblée  une nouvelle liturgie .Les danseurs tels des  officiants composent une  brillante grammaire chorégraphique inspirée d'études comportementales qu'un neurologue a mené sur ses patients  .Des psaumes au  corps qui célébrent la singularité humaine. Pour une fois , allez à la messe.


Mme Raymonde au Vingtiéme Théâtre jusqu'au 26 février.Elle parle , elle picole , elle chante .Elle picole, elle parle , elle chante.Dans l'ordre , dans le désordre .Quand elle chante , elle ressuscite  avec gouaille la chanson réaliste française , de Vincent Scotto à Mistinguett , des putes  au grand coeur  aux  petites orphelines , à l'irresistible gardien de phare breton, il sont tous là  .Ca ne ressemble en rien à un  hommage made in  musée grévin , Mme Raymonde a bien trop d'humour et d'abbatage pour  sombrer dans la nostalgie facile  . Quand elle parle , elle harangue , elle philosophe à la petit semaine, elle déclame , elle s'esbaudit  et on peut plus en placer une.Quand elle picole , c'est avec l'énergie du désespoir et elle se  torche ,en direct live la bouteille, entre deux chansons et trois eructations. Ah oui , au fait , Mme Raymonde s'appelle dans le civil Denis d'Arcangelo.Du vrai musi hall pour le vrai  populo, quoi  !

SUR LES MURS

Craigie Horsfield au Musée du Jeu de paume - site Concorde jusqu'au 25 mai.Gros flash pour ce photographe contemporain  anglais . Des portraits tirés sur sel d'argent qui rappellent par leur picturalité la peinture classique et notamment Le Caravage. Ils ont le regard perdu vers un monde qu'ils sont seuls à voir .De par leur grand format , ils envahissent sans prévenir notre réalité .On les fixe alors pour essayer d'en saisir des bribes et on se bute à  leur regard absent .Saississant tout comme ces sublimes photos de ciel nuageux , qui hésite entre ombre et lumiére, à la frontiére encore de la peinture et du dessin.Une installation vidéo où une succesion de visages, en gros plan , apparait , disparait , se superpose achéve un troublant  voyage entre rêve et réalite.Magnifique , that's all!

SUR LES ECRANS


Petites confidences à ma psy .Que c'est bon de voir un film que les Inrocks  trouvent archi-con!Un vrai plaisir de potache pour cette comédie new yorkaise au scénario de théâtre de boulevard . On s'en tape , c'est  emporté par deux actrices qui  visiblement  s'éclatent , Uma Thurman , sublime bien sûr, en jeune divorcée déboussolée et en initiatrice de jeune puceau  affamée d'amour  et de sexe; Merryl Streep , cabotineuse à souhait ,  à la  fois psy libéral et  mére juive possessive ;Brian Mezzeger , l'objet du litige entre les deux comédiennes,  est un cookie tout chaud dont on ne ferait qu'une bouchée . Une  réjouissante éducation sentimentale à la  sauce "Sex and the city" .

Ronde de nuit. Virée nocturne  dans les rues de Buenos Aires avec Victor , mi dealer, mi tapin et quasi sosie de Gael Garcia Bernal.Une errance ou l'on croise , de bars glauques en salon chics , une faune en quête de plaisirs , d'argent , de  dope.Les plus pauvres se nourissent des restes des plus riches.Les plus beaux vendent leurs corps au plus vieux.Chacun essaie de survivre jusqu'au lever du jour .Sur les trottoirs de Buenos Aires, la nuit  , chacun cherche sa proie .La mort , aussi , qui peut surgir , sans prévenir au coin de la rue .Victor tente d'y échapper , en passant de bouches gourmandes  en bras  protecteurs mais il est n' accompagné  que par sa solitude et les fantômes de son passé. Un beau road movie urbain aux images fantômatiques .

Walk  the line.Un biopic sur Johnny Cash , star country-rock aux US  mais quasi inconnu ici .Le parcours  classique du musicien : 1éres galéres, 1er disque , 1er triomphe .On  baise les groupies et  on se dope .RAS au royaume du rock  .On se demande alors  l'intérét de porter à l'écran une histoire finalement  aussi banale  et qui élude totalement  l'apport musical de l'artiste.La rencontre avec Johnny Cash ne se fait pas  , celle avec Joaquin Phoenix dans le rôle de notre  folkeux toxico reléve  par contre de la fusion . Quand le film fait tomber toute la panoplie - cliché de la rock 'n roll attitude , on touche enfin du doigt l'humanité , la noirceur , les blessures du chanteur: ses relations tourmentées avec son pére , son acharnement à rendre possible un amour "impossible" (Reesse Whiterspoon,parfaite).Quand le film arrête de suivre la bio officielle du chanteur et s'aventure  enfin dans de  vrais partis pris cinématographiques, on a quasi envie de s'offrir un cd de Johnny Cash!
par bertrand publié dans : blahblahblog
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