Sur les écrans
Wassup Rockers.Larry Clark continue sa fixette sur l'adolescence en collant aux baskes d'une bande de jeunes skaters latinos ,gentiment punk et gravement attachants.La systématique fascination pornophile-pour ne pas dire autre chose - de Larry Clark pour ces corps d'homme-enfants laisse ici la place à un regard plein d'humanité sur cette tribu de gamins en vadrouille pour une journée dans les rues chicos de Beverly Hills.Pour les petites chaudasses thunées, les pédés friqués et les vieilles stars alcoolo, ces ados aux hormones en fusion et au regard innocent ne sont qu'un gadget sexuel exotique qu'on jettera aprés usage.Larry Clark se met il dans le même sac que toute cette tribu de richards blasés au point de ne plus être excité que par le cul d'un ado de 14 ans? Entre docu et humour, le film ouvre les braguettes mais aussi les coeurs de ces latinos du ghetto , à jamais exclu de l'american wasp way of life.
Sur Scéne
Empty Moves/ Noces -Angelin Prejlocaj au Théâtre de la Ville jusqu'au 15 avril. Le chorégraphe albanais fête les 20 ans de sa compagnie en reprenant Noces, une piéce désormais historique de la danse contemporaine et Empty Moves, une création de 2004 inédite à Paris.Sur une bande son assez excédante de John Cage, Prejlocaj livre une chorégraphie toute cunninghamienne et redoutablement efficace.Un vocabulaire abstrait qui fait du corps un pur objet physique soumis uniquement aux lois du mouvement.De figures géométriques en principes mathémathiques, le corps joue ici la partition brillante de son rapport à l'espace.Le mouvement qui dans sa fulgurance reste le seul lien pour passer en un clin d'oeil du vide au plein et de l'intérieur à l'extérieur.Parfait comme un théoréme.
Dans l'assiette
Gaya-Rue du bac -Paris 6éme.Le chef Pierre Gagnaire consacre ici toute une carte aux poissons dan son bistrot chicos au décor marin arty , tout en vagues (le bar) et en flaque(la moquette).Dans sa maison de pécheur pour bourgeasse en goguette à l'ile de Ré, on trouve de délicieux mais trop rare encornés farcis à la noisette servis sur une purée roborative de topinanbourg ..Le croque monsieur noir , prometteur sur la carte , de par son séjour prolongé dans l'encre de seiche se révéle décevant in fine mais est sauvé de la noyade par le pressé de crevettes grisses qui l'accompagne.Du marché du port , pour poursuivre, Gagnaire a ramené du bar sauvage qu'il dompte en lichette poélée et manzanillée sur un lit de courgette accompagné d'un duo inédit poire/navet et un rouget croustillant version chorizo / navet.Cette cuisine qui marie terre et mer est un vrai pacs gastronomique à qui il manque un grain de folie pour déchainer d'aventureuses liaisons gustatives.En dessert, le Turinois tout en couche superposées de chocolat /crumble/creme fouettée et noix vous garantit la survie par bouées de sauvetage sur les hanches.Au final , un agréable et reposant séjour à la mer à qui il manque les parfums sauvages de la marée qui en ferait un souvenir de vacance gastronomique inoubliable.Et quant au prix , ils ne connaissent que la marée montante, 80 euros par marin avec une bouteille Pouilly Fussé.
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